Dix jours en Andalousie peuvent vous apprendre plus que des années à y vivre — c’est exactement ce qui nous est arrivé durant notre première année. Nous avions eu beaucoup de visiteurs ...

Dix jours qui nous ont appris plus que dix ans

Dix jours en Andalousie peuvent vous apprendre plus que des années à y vivre — c’est exactement ce qui nous est arrivé durant notre première année. Nous avions eu beaucoup de visiteurs cette année-là : famille, amis, amis d’amis — on avait parfois l’impression de tenir un petit hôtel plutôt qu’une agence immobilière. Mais une visite, cette première année, se démarque particulièrement, car elle nous a finalement appris plus sur notre nouveau foyer que tout ce que nous avions appris seuls en plusieurs mois.

L’ancienne nourrice de nos enfants, originaire de Belgique, est venue nous rendre visite avec son mari. Lui était passionné de culture et d’histoire, et en dix jours passés avec nous, il nous avait organisé des visites guidées à Grenade, Séville, Ronda et Cadix. Dix jours, quatre villes, et à la fin du séjour, nous connaissions mieux la région où nous venions de nous installer que certains qui y vivent depuis dix ans.

Grenade : un marché caché à la vue de tous

À Grenade, il nous a emmenés à l’Alcaicería, en plein cœur du centre historique. La plupart des visiteurs passent devant sans se rendre compte de ce que c’était autrefois : le grand marché de soie arabe de Grenade, tout un réseau de ruelles étroites regorgeant de centaines de petites échoppes. Aujourd’hui, il est bien plus modeste qu’à son apogée, mais on y ressent encore cette atmosphère de souk — des allées resserrées, de petits étals, et le sentiment d’avoir mis les pieds dans un lieu plus ancien que le reste de la ville qui l’entoure. Nous ne l’aurions jamais trouvé seuls, et n’aurions pas su ce que nous regardions si nous l’avions découvert par nous-mêmes.

Séville : une cathédrale, une tour, et une astuce à connaître

Séville nous a offert deux de nos détails préférés de tout le voyage.

Le premier, c’est la Giralda, le clocher accolé à la cathédrale de Séville. Il s’agissait à l’origine du minaret de la mosquée qui se trouvait sur ce site avant la construction de la cathédrale, et elle possède un détail qui fait encore sourire quand on l’apprend : au lieu d’escaliers, la tour comporte une série de rampes en pente qui s’enroulent à l’intérieur — construites pour que le muezzin, ou les cavaliers en visite, puissent y monter à cheval plutôt qu’à pied. C’est l’un de ces petits faits qui transforme une tour que l’on regarderait sinon d’un simple coup d’œil en quelque chose dont on se souvient réellement.

Le second, c’est le lien de la ville avec deux Expositions universelles, séparées par plusieurs décennies. Séville a accueilli l’Exposition ibéro-américaine en 1929, puis, bien plus tard, l’Exposition universelle — l’Expo ’92 — en 1992. Les deux ont marqué la ville, et l’Expo ’92 en particulier a transformé tout un quartier.

Un conseil pratique pour qui prévoit dix jours en Andalousie avec des enfants : le site de cette Expo de 1992, l’Isla de la Cartuja, abrite aujourd’hui Isla Mágica, un parc à thème ouvert en 1997. C’est une façon simple de diviser une visite de Séville en deux journées très différentes, et toutes deux très réussies — une journée pour la culture (la cathédrale, la Giralda, ce qui reste des pavillons de l’Expo), et une journée de pur divertissement au parc. Isla Mágica est construit autour du thème des grandes explorations et des pirates, et des années plus tard, nos propres enfants et leurs cousins parlent encore de Crashendo — des montagnes russes virtuelles avec un pianiste, projetées sur un immense écran en dôme dans le cinéma du parc, l’une de ces attractions qui restent en mémoire longtemps après que le ticket a disparu.

Ronda et Cadix

Ce même voyage nous a menés jusqu’à Ronda, perchée de façon spectaculaire de part et d’autre d’une gorge profonde, avec son pont emblématique reliant les deux moitiés de la vieille ville, puis jusqu’à Cadix, largement considérée comme l’une des plus anciennes villes d’Europe habitées sans interruption. Chacune a apporté sa propre saveur à ces dix jours, et toutes deux restent, des années plus tard, des destinations que nous recommandons volontiers à nos amis et clients.

Guadix, lors de nos propres journées en Andalousie

Certaines de nos meilleures découvertes sont venues plus tard, sans qu’aucun guide ne nous y conduise. Lors d’un voyage en famille, nous avons visité Guadix, dans la province de Grenade, où des maisons entières sont construites à flanc de colline sous forme d’habitations troglodytes — des habitations creusées directement dans la roche, dont certaines sont encore habitées aujourd’hui. C’est un spectacle étrange et véritablement mémorable, que je recommanderais à quiconque passe du temps dans la région.

Ce que nos visiteurs nous ont offert

Avec le recul, c’est une sorte de cadeau étrange. Nous nous sommes installés ici pour construire une vie et une entreprise, pas pour être touristes dans notre propre région. Mais ce sont souvent nos invités — arrivant avec un regard neuf, un guide touristique, et parfois bien plus de curiosité que nous n’en avions pris le temps nous-mêmes — qui nous ont poussés à sortir pour véritablement découvrir où nous vivions. Dix jours avec deux personnes et leurs enfants, qui se trouvaient passionnés d’histoire, nous ont appris plus sur l’Andalousie que nous n’aurions pu en apprendre seuls en plusieurs années.

Si vous vous installez ici vous-même, ne soyez pas surpris si la même chose vous arrive. Laissez-vous entraîner par vos visiteurs — parfois, dix jours en Andalousie avec le bon guide vous apprennent plus que les années précédentes. Vous serez peut-être celui ou celle qui en tirera le plus d’enseignements.

Ben Buyl a fondé Open Frontiers en 1996 et vit à Sotogrande depuis 2001. Il s’agit du deuxième volet d’une série de réflexions personnelles sur la vie dans la région — retrouvez le premier article, 30 ans d’Open Frontiers.

Ben Buyl
Ben Buyl Founder & Director

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